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PLUS CA VA, PLUS C'EST CLAIR
16 novembre 2009

GOODPLANET.ORG

Travailler moins pour consommer moins
Par Olivier Milhomme, 
http://www.goodplanet.org/

Je ne parlerai pas de l’empreinte écologique du travail en termes de mode de transports entre le  domicile et le lieu de travail, ou de comportement au bureau car le plus important n’est peut-être pas là, écologiquement parlant.
La productivité du travail n’a cessé d’augmenter, c’est-à-dire qu’un individu produit davantage en une heure aujourd’hui qu’il y a 50 ans mais ces gains de productivité n’ont pas été utilisés pour travailler moins mais pour posséder davantage et consommer toujours plus. C’est ainsi que dans les pays développés un ménage travaille deux fois plus aujourd’hui que dans les années 1950. Là où un seul salaire –de l’ouvrier au cadre, du fonctionnaire à l’artisan– permettait de faire vivre une famille, il faut désormais deux salaires à plein temps. Drôle de progrès qui consiste à perdre sa vie à la gagner. Le véritable progrès eut été que dans un ménage chacun est le choix de travailler à mi-temps. S’il n’en a pas été ainsi c’est que nous sommes passés d’une société où la demande dépassait l’offre à une société où l’offre dépasse la demande. Dans les pays développés, il est devenu facile de produire mais de plus en plus difficile de vendre ce qui est produit en trop grande quantité. La publicité s’est chargée d’inventer de nouveaux besoins afin d’alimenter et de stimuler notre frénésie de consommation. Nos maisons sont pleines d’objets inutiles ou sous utilisés. Mais comme elles sont de plus en plus grandes, ça ne se voit pas trop. L’industrie a inventé le jetable et le non durable pour que les uns et les autres nous n’arrêtions surtout pas d’acheter et de consommer. Dans de nombreux pays riches, les pouvoirs publics encouragent même les heures supplémentaires. Travailler plus pour consommer plus, en quelque sorte, puisque ce revenu supplémentaire est utilisé pour participer à la compétition générale, celle de posséder une voiture plus grosse que celle de son voisin, ou de changer de sac à main de marque de luxe tous les trois mois… et non à améliorer le sort injuste des plus pauvres que soi. Celles et ceux qui souhaitent réduire une empreinte écologique qu’ils jugent trop élevée cherchent à posséder moins d’objets, à vivre dans des maisons plus petites et à partir en vacances sans aller systématiquement à l’autre bout de la planète. Bref, ils réduisent leur niveau de consommation. Moins de consommation, c’est aussi, à l’avenir, moins de travail. Pour les autres et pour soi. Travailler moins pour consommer moins en quelque sorte. Mais c’est là que le bat blesse, nos économies et plus largement nos sociétés occidentales ne sont pas organisées pour travailler, produire et consommer moins. Elles semblent combattre toute tentative de sobriété heureuse ou de ralentissement général de l’activité humaine. Et si on essayait quand même de faire une pause et d’en profiter pour réfléchir ensemble à ce que nous attendons de nos activités rémunérées, de nos métiers et de nos rôles d’agent économique ?Car il est une chose qui n’a pas progressé de la même manière que notre niveau de vie, c’est notre niveau de satisfaction, celle que nous retirons de l’existence et des liens sociaux. Ce « niveau », selon différentes études, stagne depuis 50 ans dans les pays développés, et des pays beaucoup moins riches (matériellement) affichent un « bonheur national brut » plus robuste que le nôtre.

Olivier Milhomme



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  • par Claire MARIN. Littérature et poésie. Pensées. Réflexions. Journal intime. Quand les mots et le texte font oeuvre de vérité, d'évidence révélée. Quand l'ombre diffuse s'écarte pour laisser place à la lumière.
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